Il a beau avoir 84 ans, John Baldessari déchire toujours autant. Il crée des œuvres, il enseigne, il inspire et motive les jeunes générations et poursuit la route qu’il a commencé de tracer il y a plus de cinquante ans. John Baldessari a toujours aimé repousser les limites du monde de l’art, le remettre en question. C’est d’ailleurs pour ça qu’on l’adore — et il y a de grandes chances qu’il vous fasse le même effet si vous prenez le temps de découvrir son travail.

 

Dans les années 1960, on disait que le travail de John Baldessari était radical, rebelle. Personne n’avait jamais pensé à mélanger les médiums comme il l’a fait à cette époque. Il a donné naissance à une toute nouvelle manière de voir l’art et de le conceptualiser.

 

John a commencé par la peinture, mais il s’est rapidement mis à la photo, à la vidéo, aux installations et à la performance : ce gars-là a un appétit sans limite.

 

John Baldessari est surtout connu pour ses assemblages de textes et d’images. Les visuels qu’il crée sont complètement libres d’interprétation, et c’est ce qui les rend si extraordinaires : John prend un malin plaisir à questionner notre rapport à l’art. Ici, ce n’est pas l’artiste qui dit au spectateur ce qu’il regarde, c’est à ce dernier de faire un effort de compréhension, de projection dans l’œuvre. John Baldessari fait de grands aplats de couleur sur une photo, puis lui associe une phrase ou une série de mots. Au début, on a du mal à voir le lien entre l’image et le texte. C’est justement là que l’œuvre commence, quand le spectateur projette sa propre imagination dans le travail de l’artiste.

 

On dit souvent que les profs en école d’art sont des artistes frustrés. John est la preuve que c’est faux. Ça fait 30 ans qu’il enseigne dans des écoles d’arts californiennes — autant dire qu’il pèse, et qu’il a influencé la vision qu’on a de l’art moderne et contemporain. John Baldessari est du genre à se pointer dans les vernissages de jeunes artistes : il aime passionnément l’art, et veut rester impliqué dans le bouillonnement artistique de Los Angeles.

 


C’est un homme qui a des convictions et qui cherche à obtenir le meilleur de lui-même et des autres. Dans les années 1970, il a demandé à ses étudiants de recouvrir les murs d’une galerie de la phrase « I Will Not Make Any More Boring Art »  (« Je ne ferai jamais de l’art ennuyeux »).

 

 

Mais parlons plutôt d’aujourd’hui. Il était exposé jusqu’au 9 avril à la galerie Sprueth Magers, avec le soutien de la galerie Marian Goodman. Ça fait 30 ans que Sprueth Magers présente les œuvres de l’artiste et la galerie voulait vraiment faire une expo cette année. Baldessari n’a montré que des œuvres inédites : il a exposé de nouvelles images, toujours associées à ses phrases énigmatiques et toujours avec le même but — que le spectateur interroge ce qu’il voit.

 

Pas facile de rattacher Baldessari à un courant artistique. C’est d’ailleurs ce qui en fait tout l’intérêt. Mais on peut quand même trouver un point commun à l’ensemble de son œuvre : il regarde toujours l’art avec malice et bouscule les codes. Bref, John Baldessari est un iconoclaste extraordinaire dont tout le monde devrait entendre parler !

 

 

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