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YO, une immersion dans l’univers HIP HOP
art
05/09/2017
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Cet article a inititalement été publié dans Belgium

S’inscrivant dans la liste des nombreux événements organisés à l’occasion de MIXITY.brussels 2017, “YO. Brussels Hip-Hop Generations” est une de ces trop rares expositions sur le thème du Hip-Hop qui se révèle être incontournable. Même si la manchette déroutera quelques classiques réfractaires, l’événement aborde ce phénomène de société en mettant l’accent sur sa pluridisciplinarité qui lui demeure caractéristique : la musique et le breakdance bien sûr, mais également la vidéo, la mode, les beaux-arts, l’écriture, la performance. En effet, depuis sa naissance dans les années 70 dans le Bronx à New York, le Hip-Hop a touché de près ou de loin tous les bruxellois depuis 35 ans avec une créativité époustouflante et intergénérationnelle.

 YO, une immersion dans l’univers HIP HOP

BXLBBoys - Photo Maïté Renson

COPYRIGHT: MAÏTÉ RENSON

Mise en scène de façon magistrale par Adrien Grimmeau (spécialiste des mouvements artistiques urbains qui organisa aussi l’exposition référence “DEHORS! Le Graffiti à Bruxelles” au Musée d’Ixelles en 2011) et Benoît Quittelier (Docteur en Géographie à l’ULB), l’exposition est beaucoup plus qu’une efficace juxtaposition de témoignages divers : elle immerge le visiteur dans cet univers urbain par le biais de savants décors et d’incroyables atmosphères recréées. Par exemple, après les premières salles regroupant reliques significatives du mythique groupe de rap Benny B (né en 1987 et qui, rappelons-le, lança le rap en français), énormes graffitis des artistes pionniers revendiquant la visibilité, la jeunesse et l’optimisme ainsi que des projections vidéos à l’échelle humaine de premières battles de breakdance, vous pénétrerez dans des salles obscures révélatrices du coté underground et dur pris par le mouvement dès le début des années 90. Des ambiances dark où la pénombre régnante vous invitera à activer la torche de votre smartphone afin de découvrir les nombreuses photographies affichées, au rythme de morceaux de rap dont les paroles sont projetées sur un mur et traduisent la face revendicatrice et politique prise par le Hip-Hop à ce moment.

La monumentalité de cette projection rend les mots incontournables et prenants. Car si le Hip-Hop des années 90 est souvent assimilé au rap stricto sensu, il convient de ne pas oublier qu’il obéit à tout un système bien enraciné et mis en place répondant à la violence sociale et économique ambiante. Les “crews” bruxellois (collectifs aux noms significatifs) prolifèrent, se confrontent et revendiquent leur identité par leur tag, une signature lisible et plus imposante symboliquement que les graffitis fresques des années 80.

Photo Renaud Fang

COPYRIGHT: RENAUD FANG

Même si à l’époque le mouvement Hip-Hop évolue et fonctionne comme une contre-culture, il provoqua l’intérêt de plusieurs institutions, encore actives aujourd’hui et actrices culturelles importantes de notre capitale : le Beursschouwburg (Hiphoptimism en 1993), le Recyclart, la Fondation Jacques Gueux (futur Lezarts Urbains). Ensuite, le changement de millénaire marquait sans doute le véritable tournant du mouvement qui comme toute contre-culture se transforma en véritable culture. Des puissantes sociétés de production voient le jour et utilisent internet comme un outil de diffusion majeur. Les branches et disciplines du Hip-Hop autrefois regroupées sous une même bannière deviennent indépendantes et le décrié voire scandaleux graffiti évolue en une expression artistique à part entière et autonome. Les dernières salles de l’exposition se concentrent sur ces nouvelles identités singulières qui, même si elles ont débuté au sein même du mouvement, s’expriment aujourd’hui librement dans d’autres eaux sans pour autant renier leurs amours premiers : citons Stromae (dont vous pourrez lire les premiers manuscrits épinglés au dessus de la panoplie vestimentaire du tube “Papaoutai”) ou Bonom, figure bien connue du milieu artistique urbain bruxellois.

Le street art est aujourd’hui un genre reconnu de l’art contemporain et ses représentants belges, bien défendus par leurs galeries, expriment dorénavant le “je” avant le “nous” emblématique de leur crew. Dépêchez-vous... Cette exposition extraordinaire se termine bientôt!

 

Exposition : 28 juin au 17 septembre 2017

Palais des Beaux Arts de Bruxelles

Rue Ravenstein 23 B-1000 Bruxelles

Du mardi au dimanche de 10 à 18:00 (le jeudi jusqu’à 21:00)

+32 2 507 82 00 - www.bozar.be

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