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KAWS, L’ARTISTE QUE LES GRANDES MARQUES S’ARRACHENT
art
26/03/2019
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La foule était hyper enthousiaste ce jour-là après les 6 minutes qu’ont duré le défilé Dior Homme collection été 2019, le plus attendu de la fashion week parisienne en novembre dernier. L’événement est de taille pour le label dont le nouveau directeur artistique, Kim Jones, assure un succès médiatique international en s’associant à un des artistes américains les plus en vue du moment, KAWS.

Ce trublion new yorkais issu de la culture pop graffiti a conçu pour l’occasion une figure de 10 mètres de haut, installée en plein milieu du podium, couverte de roses et de pivoines, représentant un de ses personnages fétiches, BFF, habillé en Monsieur Dior et tenant dans sa main le flacon de parfum Miss Dior à l’effigie de son chien Bobby.

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© Kriz Chan 

Au-delà des créations vestimentaires et accessoires nés de la collaboration entre les deux hommes, c’est avant tout l’extraordinaire démesure tape à l’œil et décalée du colosse fleuri qui se voit immédiatement immortalisée par les foules de fashionistas, bloggeurs, people, mannequins et puissantes influenceuses, aux millions de followers, assurant dès lors une diffusion des plus médiatique sur les réseaux sociaux.

Comment le magicien Kaws, né Brian Donnelly en 1974, s’est-il vu catapulté sur le devant de la scène d’un certain art contemporain? Diplômé de la School of Visual Arts de Big Apple en 1996, l’artiste ne fera chez Disney qu’un court séjour mais déterminant dans l’élaboration de ses futures images artistiques. A Tokyo, il ouvre “Original Fake” avec l’aide de Nigo, le propriétaire de la marque A Bathing Ape, où il décline toys et autres produits dérivés en éditions limitées avec de séduisants packagings. Le public s’arrache les figurines qui rappellent les personnages des Simpsons, Bob l’Eponge, 1 rue Sésame, Hello Kitty, Astro... Un vrai kidnapping artistique des icônes animées des petits et des grands! Voilà la force du Pop Art, telle que l’avait déjà comprise Andy Warhol dès les années 60 : s’emparer artistiquement des grandes marques et symboles de notre société de consommation et les décliner sur toutes formes de supports pour nous démontrer leur emprise.

Mais là où la frénésie du pape du Pop Art trouvait ses racines dans un profond manque de confiance en soi et de soif de reconnaissance internationale, la donne d’aujourd’hui change au profit d’un business de plus en plus florissant et lucratif dominant même la création artistique. Pour n’en citer que quelques-uns, les personnages créés par Kaws s’appellent Companion, avec sa tête de pirate aux yeux en X et son corps de Mickey, Chum, quand son corps rappelle celui du bonhomme Michelin, Bendy, hybride dans la peau d’un spermatozoïde. Les inspirations Disney sont flagrantes mais la célèbre souris ne peut rien y faire. Son copyright passerait d’abord par l’humanité de ses yeux, ici cochés par deux X.

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© Ron Ellis

Kaws expose dans quelques galeries et collabore avec les marques de prêt-à-porter comme Vans, Comme des Garçons, Marc Jacobs. Mais arrive le moment où Nigo et Pharrell Williams le présentent à leur ami, le puissant galeriste français Emmanuel Perrotin qui peut véritablement transformer le parcours d’un artiste avec sa dizaine de galeries réparties entre New York et Shanghai ainsi que via ses participations aux foires d’art contemporain les plus courues. Le self made man reconnaît dans Kaws une fébrilité créative et une identité artistique qui ne correspondent que trop bien à ses objectifs.

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© Debu55y

Le nouveau poulain est polymorphe et s’immisce dans toutes les strates de la société. Ses idées vont du porte-clé et tapis de bain pour les fans les moins nantis, en passant par le prêt-à-porter accessible via des t-shirts et sweats distribués récemment par le géant Uniqlo, jusqu’à rivaliser avec les maîtres de l’art moderne et contemporain pendant les ventes prestigieuses du soir chez Christie’s et Sotheby’s. Ainsi un Companion monumental s’est arraché à plus de 700.000 $ en novembre 2018 tandis que le 7 mars 2019, deux Dissected Companion, figurines en vinyle fabriquées par la marque de toys japonais Medicom en 2009, étaient estimés respectivement entre 33 et 46.000 $. Une réussite commerciale spectaculaire telles que les avaient réalisées auparavant Jeff Koons et Takashi Murakami (artistes ayant aussi signés de profitables contrats avec LVMH pour Vuitton) qui nous démontre que l'art et la mode s'unissent dans ce cas pour le meilleur et surtout pour le bonheur des fans!

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© Carlos Huang

Redacteur : Didier Brouwers